Murmures au bord de l'eau

Le silence de Dieu est toujours source d'espérance.

le ruisseau le ruisseau  

 

"Heureux l'homme qui murmure la loi de Yahvé jour et nuit.

Il est comme un arbre planté près des ruisseaux

(...) jamais son feuillage ne sèche..." (Psaume 1)

 

 

 

La longue liste des Psaumes démarre très fort : une invitation à la paresse ! Le croyant est tout simplement invité à ne rien faire, à se prélasser au bord de l'eau. Il est certain alors de recevoir en abondance tout ce dont il a besoin pour vivre. Simplement il lui est demandé de murmurer, sans cesse, ce qui lui vient à l'esprit. Pourvu que ce soit la loi de Yahvé. Facile ! Faire sa volonté, on sait tout de suite ce que ça veut dire, pas besoin de réfléchir longtemps. Pardonner, ne pas haïr, ne pas hausser le ton. Quand on a le choix entre le mal et le bien, choisir le bien. C'est extrêmement simple, en général, de comprendre ce que Dieu veut de nous. Le mettre en oeuvre par contre, c'est une autre paire de manches. Mais bon. Au moins la voie est tracée, on la connaît, elle s'ouvre devant nous.

Contente-toi de te laisser faire, pourrait-il nous dire. Ne résiste pas. Ne cherche pas à prendre toi-même les décisions. Ecoute plutôt ma voix. Surtout quand je ne te dis rien. Laisse-toi remplir par ce vide, ce silence. Habitue-toi à cela. A la longue tu verras : tout ira bien.

"Tu m'as fait infini, tel est ton plaisir. Ce frêle calice tu l'épuises sans cesse et le remplis sans cesse à neuf de fraîche vie" (Tagore, l'Offrande Lyrique, poème1)

 

Depuis de longues années je suis frappé par cette similitude entre le premier des Psaumes et le premier poème de l'Offrande Lyrique. L'un et l'autre nous parlent d'eau, de vie - l'eau c'est la vie. Ils nous invitent à nous abreuver à chaque instant à cette source qui jamais  ne tarit. Et sans elle, c'est la mort assurée.eau vive eau vive  

Evidemment aujourd'hui il nous est difficile de penser spontanément à de l'eau fraîche inépuisable. Tout est pollué, l'air, la mer, les rivières. Les périodes de sécheresses sont de plus en plus fréquentes, les zones géographiques où elles surviennent de plus en plus étendues. Nous savons bien que c'est notre extinction qui nous attend, plutôt que le paradis terrestre où tout coulait de source, sans que nous ayons même à travailler.

En attendant nous devons nous accrocher, de toutes nos forces, à ce qui nous reste de lucidité et de courage. Peut-être qu'il n'est pas trop tard.

 

Et gardons au coeur ce que ces textes nous disent aussi. Ils nous demandent - c'est un ordre - de ne pas baisser les bras. Malgré tout. Ne pas succomber à la tentation du désespoir, de la révolote - même s'il n'y a pas de quoi être révolté.

Il y a un temps pour tout.

Maintenant j'ai seulement envie Seigneur, d'être là auprès de toi, en toi, entre tes mains. C'est tout. Sinon je crie, je suis tenté par la mort, et cela n'aboutira à rien - sauf à la mort.

Maintenant je veux tout laisser choir, pensées, remords, craintes pour notre pauvre avenir. Je suis si pauvre.

J'aime bien quand c'est toi qui prends les rênes, quand je n'ai pas à réfléchir.

 

amour de dieu amour de dieu  

"Tes dons infinis, je n'ai que mes étroites mains pour m'en saisir.

Mais les âges passent, et toujours il reste la place à remplir"

(Tagore, ibidem).

 

 

 

Jérôme van Langermeersch

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