Dimanche de la santé

Témoignage d'Olivier

 

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Dimanche 08 février, les messes  ont été célébrées dans le cadre du dimanche de la santé.

 

Ce dimanche, institué au niveau national par les évêques de France, est organisé par la Pastorale de la Santé.

 

 

 

 

 

 

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Au début de ce temps fort, nous avons tous déposé devant l’autel des fleurs en papier, symbole de notre fragilité et de notre vulnérabilité

 

Dans l’Évangile de Marc lu ce dimanche, Jésus prend la main de la belle-mère de Simon et la fait se lever : Seigneur aide-nous à prendre la main de nos frères et à les aider à se mettre debout, aide-nous à accepter la main tendue qui veut nous relever.

 

Puis la belle-mère de Simon se mit à les servir : Seigneur aide-nous à nous mettre au service de nos frères, aide-nous aussi à accepter d’être servis.

 

 

 

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Nous organisons aussi au niveau du doyenné un forum qui a pour but de favoriser la communication entre les différents services, chrétiens et non-chrétiens, en lien avec la santé et le handicap. Ce forum aura lieu le samedi 03 octobre de 14h00 à 18h00 au centre Saint Paul à Hénin Beaumont.

 

 

Si vous appartenez à un service, une association ou une structure en lien avec la santé ou le handicap, si vous désirez simplement avoir de plus amples renseignements concernant la Pastorale de la Santé sur notre doyenné ou si vous avez envie de vous y engager, vous pouvez contacter :

Sylvie Preux Déléguée pour la Pastorale de la Santé                       sylvie.preux@wanadoo.fr                                                                                                 

  06 13 19 36 46

 

 

UN TEMOIGNAGE

 

Je m’appelle Olivier . Je suis marié et père de trois enfants. J’exerce la profession d’infirmier. Je m’occupe de patients  adultes souffrants de maladies psychiques. J’ai travaillé pendant de nombreuses années dans un centre Médico Psychologique . Il s’agissait d’effectuer des visites à domicile des patients pour les accompagner au mieux au  mieux dans la vie de tous les jours . Depuis trois ans , je travaille en Hôpital de jour, toujours en psychiatrie .

Dans ce service, je m’occupe essentiellement de groupe de patients. La plupart  des personnes

Que je prends en charge ont été abîmées par la vie . Vous les connaissez peut être vous aussi. Peut être est ce cette voisine au visage triste qui sort rarement de chez elle ? En réalité cette dame se bat avec une dépression depuis très longtemps. Ou bien peut être est ce petit monsieur, connu de tous dans le quartier ? son comportement est assez bizarre. Sa différence fait un, peu peur, on n’ose pas trop l’approcher. En vérité, il est atteint de troubles

psychiques sévères  et reconnu lourdement handicapé( 60- 80% de taux d’incapacité) mais quelqu’un de si attachant

Je fais partie d’une famille de soignants. Ma mère a exercé comme médecin du travail dans les filatures du Nord

Je me souviens de certains des ouvriers  dont elle s’occupait . Leurs rapports étaient chaleureux. Je devinais un lien assez fort et profond . Je me disais que ma mère devait bien faire son travail  et j’étais  fière d’elle. Mon Père était médecin de campagne. Le téléphone sonnait régulière

 

ment le nuit pour les visites. La journée , la maison avait des allures de

forteresse assiégée par les patients. Papa était toujours parti le week-end . L’énergie de ma mère… la fatigue de mon père

On ne peut donner sans compter indéfiniment. Comme le Christ , il faut parfois  se mettre à l’écart pour se reposer un peu

Ne serait-ce que pour mener sa mission jusqu’à son terme

J’ai beaucoup réfléchi avant d’embrasser moi aussi la profession de santé . Devais-je moi aussi mettre mes pas dans ceux de mes parents ?

Alors j’ai fait cette prière « Seigneur dis moi où planter ma tente » Je me sentais déjà attiré par le métier d’infirmier . Un Pèlerinage à Lourdes  a été décisif . J’ai bien sur beaucoup reçu des patients, mais j’ai aussi senti que j’avais quelque chose à ,leur apporter  et que je pouvais leur être utile . Pendant ma formation infirmière, j’ai fréquenté assidûment, l’aumônerie des étudiants A l’époque, la mission étudiante  organisait des rencontres des étudiants issus de formation médicales ou para-médicales (kiné, médecine, soins infirmiers) J’ai le souvenir de jeunes chrétiens enthousiastes profondément humains. Nous repartions heureux et motivés comme jamais dans nos facs et dans nos écoles

Le diplôme obtenu , j’ai eu très vite besoin de revivre cette expérience fraternelle . Je me trouvais directement confronté à l’être humain, dans toutes ses dimensions. Des questions d’ordre éthiques se posaient . Il n ‘existait pas de groupes de jeunes professionnels de santé dans le secteur . J’ai rencontré l’abbé Renard très impliqué dans la pastorale de la santé

Il m’a conseillé de créer un nouveau groupe  et m’a proposé de nous accompagner  pendant les premières années

Depuis quinze ans  maintenant, nous nous réunissons chez lui une fois par mois, pour partager nos expériences. Les questions que nous nous posons parfois touchent au mystère de l’homme Face à certaines situations rencontrées, nous pouvons nous retrouver bien pauvres  et démunis sans vraiment de réponse à apporter . Nous nous reconnaissons fragiles, pour reprendre le thème   du dimanche de la santé de cette année. Nous faisons alors l’expérience du regard bienveillant de l’autre qui comprend , apaise, guérit. Certaines réunions sont particulièrement intenses et nous rappellent que ce qui nous réunit nous dépasse. Nous en repartons  dynamisés avec le sentiment d’avoir rechargé les batteries

Travailler à domicile m’a profondément marqué. Je me souviens des premiers mots d ’un vieux médecin psychiatre , peu après son arrivée

"Au-delà de toutes vos compétences et de toutes vos connaissances, ce que les malades attendant au fond , c’est le supplément d’âme et par dessus tout un peu de chaleur humaine. Un regard bienveillant…une écoute authentique… un sourire…un silence habité par ce qui vient d’être partagé, une main posée sur l’épaule. Je manifeste alors que je te comprends

Et que je  respecte infiniment ce que tu viens de déposer ici et maintenant, ta souffrance profonde et le poids de ce que tu as vécu. EN écoutant mes patients, il m’arrive parfois de prier en secret, sans qu’ils s’en aperçoivent. Quand l’entretien s’annonce difficile , je rejoins les moines dans une prière clandestine  « Dieu viens à mon aide, Seigneur à notre Secours » Par là

même, je v101922204 101922204  iens me recentrer sur ce qui est essentiel pour pouvoir porter ce qui est insupportable. Comment donner du sens à ce qui n’en a pas ? Il faut chercher la Vie malgré tout  et avec la patient trouver un chemin pour ressusciter l’espoir des patients qui retrouvent un équilibre  et parviennent à remonter la pente. Il y a parfois bien sûr ,parfois, et le plus petit progrès devient une victoire  et nous ne nous privons pas de partager cette joie avec le patient et mes collègues. A ce moment là ma prière se fait louange

Et puis  au bout de dix années passées dans le même service, je sens tout doucement l’épuisement arriver. L’agenda  constamment surchargé , le décès de patients, une chef volontiers harcelante viennent petit à petit , à bout de mon énergie et de la foi en mon travail , laissant place à une fatigue morale persistante , je finis par consulter le Médecin du travail .

Le diagnostic est immédiat posé : burn –out , autrement dit  « dépression par épuisement » Je suis d’office en arrêt de travail de soignant, je deviens à mon tour  patient  . C’est dur à accepter ,accepter de recevoir de l’aide , reconnaître mes propres limites, expliquer à mes proches que non décidément, je n’en peux plus, je n’en peux plus. Je découvre le solidarité  des collègues qui se traduit par un coup de fil  le soir même de mon arrêt , par une carte d’enj j  couragement  un autre jour ou par une lettre remplie de signatures » Tu manques à l’équipe «  « J’espère que tu ne te mésestimes pas » Vivre une dépression, c’est traverser un long tunnel  dont il faut se convaincre qu’on en verra un jour la sortie. Il faut se raccrocher à ce qui tient encore

Une de mes filles qui vient mendier un calin en chuchotant « Je t’aime Papa » un amis qui est aussi passé par là , la fidélité d’une épouse. Et la foi bien sûr  « Quand plus grand chose ne tient, toi Seigneur, je te retrouve quand même sur mon chemin.

Je sais que je peux compter sur toi  toute ma vie sur la force de ta présence »

Aidé par mon médecin du travail , je retrouve mon équipe après deux mois d’arrêt. Je suis impatient de me remettre au travail

Même si à l’époque, la dépression est encore là. Il faudra plusieurs années pour en sortir. Je garde toujours en moi cette fragilité . Mais j’en suis conscient , je sais qu’il faut que je me ménage. Il faut parfois refuser un engagement ou une réunion pour reprendre souffle , même si ce n’est pas toujours bien compris. Depuis cette période, j’ai demandé ma mutation dans le

service où je travaille actuellement. Je m’y sens bien. Nous échangeons entre nous au sujet des situations difficiles. Le psychiatre fixe un cap. On porte mieux les choses quand on les porte ensemble. Vivants et fragiles…Oui les personnes souffrant de troubles psychiques le sont. Mais le serions nous pas aussi confrontés au chômage, à une séparation, à une enfance

sans amour ? Ils ont une sacrée force nos patients pour continuer à vire malgré la maladie  et la handicap. Quelles capacités de résistance et quelle leçon de vie ! J’admire leur courage et je sais ce qu’ils doivent surmonter pour réaliser les actes les plus simples de la vie quotidienne , monter dans un bus,participer à un repas de famille, aller au cinéma. Je crois qu’ils ont tous

une place particulière dans  le cœur de Jésus. Il n’est jamais bien loin d’eux et de nous lorsqu’ ensemble nous croyons que la Vie aura le dernier mot sur la maladie .
 

 

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Article publié par Denise Vanberten - Délégué communication d'Hénin Carvin • Publié • 1522 visites

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